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Face aux écrans géants du stade Santiago-Bernabeu, des dizaines de milliers de supporteurs du Real Madrid, euphoriques, ont accueilli samedi en hurlant la victoire de leur équipe (4-1) sur l'Atletico, en finale de la Ligue des Champions à Lisbonne, le dixième trophée du club.
Comme face à un vrai match, la foule, survoltée, explose au coup de sifflet final. "Le moment était venu pour la dixième victoire. Cela faisait tellement de temps que nous l'attendions", lance Angela Suarez, une étudiante de 20 ans, le visage peint en blanc.
A l'autre bout de la ville, les supporteurs de l'Atletico quittent le stade Vicente-Calderon en silence, en larmes ou la tête dans les mains.
Après la victoire en Championnat d'Espagne le 17 mai, ils espéraient arracher une première Ligue des Champions pour leur club, qui avait perdu sa précédente finale de C1 -sa première- en 1974. Jusqu'à la 93e minute et l'égalisation de Sergio Ramos pour le Real, ils ont rêvé à la victoire.
"C'est très dur de perdre comme ça, parce que nous étions tellement près de la victoire. Les supporteurs y croyaient vraiment", confie Aitor Ramos, un directeur de banque de 44 ans, fan de toujours de l'Atletico. A peine se console-t-il en évoquant "la très bonne saison" du club.
- Nuit électrique -
Les supporteurs du Real, dans un concert de klaxons et de pétards, portant le maillot blanc ou agitant le drapeau de leur équipe, ont aussitôt envahi la ville, se précipitant par milliers vers la place de Cibeles, leur lieu de célébrations traditionnel dans le centre de Madrid, pour une nuit de fête aux pieds de la déesse Cybèle sur son char.
Ils devaient attendre le retour des joueurs prévu à l'aube.
Quelques heures plus tôt, des dizaines de milliers de supporteurs frénétiques, ceux de l'Atletico, vêtus de rouge et blanc, ou du Real, drapés dans des foulards blancs, avaient rempli les travées des deux stades pour suivre à distance cette finale, inédite entre deux clubs d'une même ville, chantant, hurlant, retenant leur souffle.
Sur les gradins du Bernabeu, ils applaudissent, soulagés, quand Diego Costa, l'attaquant vedette de l'Atletico, est remplacé dès la 9e minute.
"Le Real est le roi de l'Europe. L'Atletico a très bien joué cette saison. Mais le Real, en Europe, c'est beaucoup", lance Jesus Angosto, un fonctionnaire de 27 ans, qui porte une coupe en papier argenté imitant le précieux trophée.
Nerveux, tous veulent croire à la victoire, mais craignent aussi l'adversaire qui achève une saison très brillante.
Dans les gradins du Calderon, la foule, euphorique, se déchaîne, trépigne, quand Diego Godin ouvre le score pour l'équipe à la 36e minute. Un gigantesque "Goal" retentit dans le stade. Au même moment, au Bernabeu, les supporteurs restent muets, pétrifiés.
Alors que la fin du match approche, la foule s'échauffe dans le Vicente-Calderon. Déjà, ils célèbrent la victoire. Jusqu'à ce but de Ramos.
"C'est un coup très dur. Nous étions à deux minutes d'être champions d'Europe", regrette David Montero, un étudiant ingénieur de 23 ans, les yeux mouillés de larmes.
Autour de lui, les supporteurs se prennent la tête dans les mains pendant qu'au Bernabeu la foule y croit à nouveau, bondit, hurle "Real Madrid, Real Madrid".
La ville, divisée entre ses deux équipes de football, mais unie par une même passion pour ce sport, s'apprêtait à vivre une nuit électrique.
Par souci de sécurité, les autorités locales avaient renoncé à leur projet d'installer un écran sur la place de la Puerta del Sol, en plein centre, et chacun des deux clans aura donc suivi le match sur son territoire.