Luge history
Luge - Sport olympique

Descendre le plus vite possible une piste glacée dans une luge allongé sur le dos.
Historique
La luge, c’est certainement le plus ancien des sports d'hiver car elle est issue des
erses transformations subies à travers les siècles d’un moyen de locomotion déjà connu dans la préhistoire : le traîneau. Sans patin, ce dernier a été utilisé pour le transport des blocs de pierre qui ont servi à la construction des pyramides d'Égypte.
Il a aussi été utilisé avec des patins, sur la neige et sur la glace, pour transporter de pesants fardeaux. La luge était déjà utilisée en 800 avant J -C. par les Vikings de la région de Slagen, près d'Oslo.
C'est ainsi qu'au musée des Vikings d'Oslo, on peut admirer parmi les objets trouvés sur le bateau « Oseberg » découvert en 1904, des traîneaux en bois sculpté semblables à ceux, tirés par des chevaux, qui existaient au XVIle siècle dans les pays froids. De nos jours, les esquimaux utilisent encore une variété particulière de traîneaux en bois, assez longs et étroits tirés par des rennes ou par des chiens.En 1533, on peut lire dans un ouvrage de Conrad Schwarz le mot "Rodel" (‘luge’ en allemand). La luge était donc déjà connue au XVI siècle, mais il faut attendre le XIX siècle, pour voir se pratiquer sur les pentes des Alpes suisses, des glissades répétées, sur un engin semblable aux actuelles luges d'enfants. Ainsi naîtront les premières compétitions de luge, généralement organisées sur les routes par les hôteliers suisses pour distraire leurs clients.

La première course officielle a eu lieu en 1883 entre 21 concurrents venus de 6 pays (Australie, Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Suède et Suisse) et qui reliait les villages suisses de Davos et de Klosters. La distance de 4 km, gagnée par Georg Robertson, un étudiant australien, et Peter Minsch, un postier de Klosters, fut parcourue en un peu moins de 9 minutes.
Une première piste, la “ Schatzalp ” est aménagée à Davos où, en 1913, est fondé le Club International de Luge. Cette même année, l'Union Internationale du Sport de Luge est créée à Dresde. En 1914, les premiers championnats d'Europe entre 80 participants sont organisés à Reichenberg en Bohême.
Parallèlement au sport de la luge, se développe le sport du bobsleigh avec une fédération créée en 1923 :
la Fédération Internationale de Bobsleigh et de Toboganning
(FIBT), présidée par un Français, le Comte de la Frégeolière. La luge y fut rattachée de 1935 à 1957.

La première véritable luge de course, plus basse que celle utilisée auparavant, fut conçue par Martin Tietze, quadruple champion d’Europe dans les années 1930.
La Fédération Internationale de Luge
fut créée à Davos en 1957 (49 fédérations y sont affiliées). Les premiers championnats du monde se sont déroulés sur une piste artificielle à Oslo en 1955.
La luge et l’Olympisme
La luge a fait ses débuts olympiques en 1964 en monoplace hommes et femmes, et en biplace.
Les lugeurs des Olympiques modernes dévalent une piste de glace à des vitesses excédant régulièrement 140 km/h et subissent une force de gravité pouvant atteindre plus de 5 g !
Aux Jeux Olympiques, sont admis par nation : trois hommes, trois femmes et deux doubles hommes.

Premiers champions olympiques :
- en monoplace : les Allemands Thomas Köhler chez les hommes et Ortrun Enderlein chez les femmes
- en biplace : le duo autrichien Josef Freitmantl et Manfred Stengl
La luge se pratique sur :
- Une piste artificielle en béton
, réfrigérée ou nonElle mesure entre 1 000 et 1 500 m et doit comprendre au minimum dix virages : un virage à gauche, un virage à droite, une épingle à cheveux, un S, un labyrinthe, une ligne droite et un virage d'arrivée. Elle doit posséder également un éclairage électrique. Toute la surface de la piste est revêtue d'une couche de glace pour la compétition. Chaque piste a une ligne théorique calculée, mais non matérialisée, de parcours du lugeur. En principe, elle constitue la ligne idéale.
La première piste artificielle de luge et de bobsleigh fut inaugurée en 1969 à Königsee-Berchtesgaden en Allemagne.
- Une piste ou route naturelle
C'est le sport d’origine, qui utilise une route, un chemin glacé, mais aux virages non relevés et non glacés. C’est un sport très pratiqué, notamment en Europe Centrale, où il compte des milliers de licenciés. La piste est généralement plus longue que la piste artificielle, de 1 000 à 2 500 m, mais comporte les mêmes caractéristiques. La technique est nettement différente car le coureur descend pratiquement assis et se dirige avec les pieds. Les mains appuient sur le sol dans les virages. Cette discipline a aussi ses championnats nationaux, ses championnats d'Europe et du monde et ses courses internationales.
Compétition
La luge se dirige avec les pieds grâce à une double courroie tenue d’une seule main sans dispositif de freinage.
Il y a trois épreuves
:- Simple messieurs
- Simple dames
- Double messieurs
- Simples

Aux Jeux Olympiques, elle se déroule sur deux jours en quatre manches (deux manches par jour ; chaque manche compte) pour le monoplace hommes et femmes. Les quatre temps sont additionnés, la victoire revenant au lugeur le plus rapide. Ils utilisent la même piste, les femmes prenant le départ plus bas.
Aux championnats du monde, la compétition de luge monoplace se déroule en deux manches.
- Doubles
Les compétitions olympiques et mondiales de luge biplace se déroulent sur une journée en deux manches. Chaque manche compte, la victoire revient à l'équipe la plus rapide.
Saviez-vous que l'athlète le plus lourd s'allonge au-dessus de son co-équipier pour que l'aérodynamique soit meilleure. Les lugeurs portent des combinaisons spécialement conçues pour réduire la résistance au vent.
L’engin

La luge glisse sur deux lames d’acier qui sont la seule partie en contact avec la glace.
La luge d'un poids de 23 kg en monoplace et de 27 kg en biplace se pratique les pieds en avant, assis et le dos incliné vers l'arrière. Elle se dirige en exerçant une pression sur les patins avec ses pieds. La luge de course fabriquée en fibre de verre ou en plastique est constituée d'une paire de patins en fibre de verre ou en bois munis d'une semelle métallique. Elle a une forme aérodynamique. Deux portiques relient les patins et constituent le siège du lugeur. Ce siège est bordé de longerons reliés avec les patins recourbés vers le haut à l'avant de la luge. La structure patins, portiques et longerons est flexible. Sa longueur est de 1,50 m environ. Le compétiteur doit porter un casque et une combinaison conçue pour réduire la résistance au vent.

Le poids maximal, luge, lugeur, combinaison et le lest ne doit pas dépasser 90,5 kg. Si un lugeur est trop léger, il peut ajouter du lest (ceinture plombée, pastilles de plomb) sous son vêtement.
Le lugeur
Il doit parcourir 1 000 m minimum en 4 manches pour le monoplace et en 2 manches pour le biplace, allongé sur le dos en se servant de son corps et aussi de ses jambes (et de ses mains pour le départ) pour donner une direction qui doit correspondre à une ligne idéale lui permettant d'obtenir le meilleur temps. C'est un sport de parcours in
iduel (luge simple, luge à deux) chronométré. Le total des quatre manches désigne le vainqueur. Pour ceci, l'athlète doit être extrêmement résistant physiquement, avoir des réflexes hors du commun car il ne possède d’aucun dispositif mécanique au changement de direction (contrairement au bobeur), et une résistance psychique particulière pour affronter une vitesse de pointe dépassant quelque fois 140 km/h sur un engin qui ne possède aucun carénage ou dispositif de freinage en cas d'urgence.
- Afin de gagner de la vitesse lors d’un départ, le lugeur pousse avec ses mains sur la glace. Il porte des gants équipés de crampons métalliques (nombre illimité, longueur de crampons 4 mm).
- La luge peut atteindre la vitesse de 145 km/h (et une moyenne de 120 km/h), et cela sans freins !
Depuis les J.O. de 1976, on utilise des pistes artificielles pour les compétitions permettant de mieux gérer le tracé, les virages, la dénivellation et la réfrigération de la piste. On compte actuellement une trentaine de pistes artificielles.

Pistes artificielles
(avec réfrigération)Altenberg - Allemagne Oberhof - Allemagne Winterberg - Allemagne Konigssee - Allemagne Lake Placid - USA Salt Lake City - USA | Igls - Autriche Sigulda - Lettonie Lillehammer - Norvége La Plagne - France Calgary - Canada Cesana - Italie |
Pistes naturelles
(sans réfrigération)St Moritz - Suisse Imst - Autriche Leningrad - Russie Krasnoïarsk - Russie Bratsk - Russie Krynica - Pologne Karpacz - Pologne Bautzen - Allemagne Oberwiesenthal - Allemagne Johanngeorgenstadt - Allemagne | Hammarstrand - Suede Saltsjöbaden - Suede Sapporo - Japon Sverdlovs'k - Ukraine Sinaia - Roumanie Tatranska - Slovaquie Smrzovka - Tchéquie Klásterec - Tchéquie Schierke - Allemagne Cortina - Italie |
La luge va plus vite que le skeleton et le bobsleigh :
- 152 k/h pour la luge, record établi en 1997 par l’Autrichien Georg Hackl sur la piste de St-Moritz. Record français : 147 km/h par Yohann Rousseau à St-Moritz.
- 145,160 km/k pour le bobsleigh, record établi en 2006 par l’équipe américaine de bob à 4 (Todd Haye, Pavle Jovanovic, Steve Mesler et Brock Kreitzburg) sur la piste de St-Moritz. Record français : 139 km/h par Bruno Mingeon à La Plagne en 2000 (victoire Coupe du Monde).
- 135,593 km/h pour le skeleton, record établi en 2006 par le Canadien Jeff Pain à St-Moritz.
Lexique
Actionner : Appliquer une pression particulièrement forte pour orienter la luge.
Bordure : Barrière protectrice au sommet d'une piste de glisse qui empêche la luge de sortir du parcours.
Force G : Force exercée sur la luge par la gravité. La force G permet à la luge et aux athlètes de rester sur le mur d'une courbe relevée. Un « G » est l'unité de mesure de la force de gravité.
Griffe : À l'aide de gants griffés, il s'agit de l'action que fait un glisseur après le départ pour se propulser vers l'avant.
Kreisel : Mot allemand signifiant cercle; se dit du virage en cercle que forme la piste en se traversant elle-même.
Labyrinthe : Partie d'une piste qui comprend une série de courbes à gauche et à droite entre lesquelles il n'y a aucune partie sans courbe. Le labyrinthe au Centre de glisse de Whistler se trouve dans les courbes 12, 13 et 14.
Longerons : Pièces de fibre de verre attachées aux lames d'acier à l'avant de la luge qui permettent au lugeur de l'orienter. On applique de la pression aux longerons pour orienter la luge.
Lugeur, lugeuse : Un ou une athlète de luge.
Oméga : Courbe sur la piste formée comme la lettre Omega de l'alphabet grec. Il s'agit une combinaison de trois courbes.
Pagayer : Le fait d’accélérer la luge après le départ, à l’aide de gants crantés, utilisés pour creuser la surface de la glace.
Perdre la tête : Lorsque la tête d'un compétiteur est poussée sur la glace par de grandes forces G.
Virage oméga : Vu d’en haut, le virage ressemble à la lettre grecque oméga.
Visualisation du parcours : Visualisation de la piste que l'on fait normalement avant une descente.
L'équipement
Le toboggan
• Pèse de 50 à 60 livres.
• Sa longueur va des épaules du lugeur à ses genoux, et n'assure aucune protection au niveau de la tête.
• Composé de deux aciers (les lames du toboggan), deux berceaux (qui stabilisent le toboggan), deux patins (le mécanisme de direction principal du toboggan), deux poignées et le siège de course (la plateforme sur laquelle le lugeur se couche).
Le casque
• Est muni d'une visière arrondie qui se prolonge sous le menton du lugeur afin de réduire la résistance au vent.
La combinaison
• Une combinaison moulante et uniforme, en caoutchouc, conçue pour réduire la résistance au vent.
Les gants
• Les bouts et les jointures de doigts des gants de luge sont dotés de griffes pour aider les lugeurs à accélérer au départ d'une course.